Ma grand-mère s’en est allée rejoindre mon grand-père dans les étoiles, un soir de Saint-Valentin

Ma grand-mère s’en est allée rejoindre mon grand-père dans les étoiles, un soir de Saint-Valentin

Ma grand-mère s’en est allée rejoindre mon grand-père dans les étoiles, un soir de Saint-Valentin.Comme si même le départ devait avoir du sens.

Le vide est immense.
Mais l’héritage aussi.

Six enfants.
Seize petits-enfants.
Dix arrière-petits-enfants.
Une autre époque. Celle où les familles faisaient du bruit. Beaucoup de bruit.

Les grandes tablées.
Les rallonges qu’on sortait des placards.
Les salles des fêtes à Noël ou à Pâques parce que la maison ne suffisait plus pour contenir tout cet amour.

Les parents fumaient à l’intérieur,
entre deux déhanchements endiablés sur les Gipsy Kings, et nous, épuisés d’avoir trop joué,
on dormait sur deux chaises collees.
Ça sentait le Ricard, le café, le tabac froid et les plats mijotés.
Personne ne parlait de toxicité.
On appelait ça la vie.

J’ai grandi dans ce joyeux bordel.
Dans les éclats de rire trop forts,
les assiettes et les verres qui s’entrechoquent,
les discussions qui débordent,pendant que nous, avec mes cousins, on bravait les interdits au milieu du bruit.

On ne savait pas encore que ces moments-là deviendraient des trésors.

Ma grand-mère appartenait à un monde
où l’on tenait les familles ensemble sans grands discours. Avec des plats chauds, des bras ouverts et une présence solide.

Aujourd’hui, elle s’en va.
Et avec elle, un morceau de cette époque.
Mais il reste les souvenirs. Les racines.
Et tout ce qu’elle a semé et fait fleurir en nous.

Parce qu’au fond, les grandes mères ne disparaissent jamais vraiment.
Elles deviennent des histoires qu’on raconte,
des gestes qu’on reproduit sans s’en rendre compte,une façon d’aimer qui traverse les générations.

Bon voyage là-haut, Mémé.
Veille sur tout ce joyeux bordel.
Tu vas nous manquer.

Le vide est immense.
Mais l’héritage aussi.

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