J ’ai toujours eu une affection particulière pour les gens qui débordent.

J ’ai toujours eu une affection particulière pour les gens qui débordent.

J ’ai toujours eu une affection particulière pour les gens qui débordent. J’aime ceux dont le goût de l’effronterie est particulièrement aiguisé. Ceux qui loin des convenances, retrouve la passion de l’irrévérence.

Aujourd’hui tout tend vers un conformisme exacerbé par les écrans.

Je ne me souviens plus d’ailleurs quand le monde a commencé à devenir si chiant. Je veux dire exactement. J’imagine que comme tout changement profond, c’est long et lancinant avant de s’infiltrer durablement, partout.

Il y quand même eu quelques événements marquants.

Avec les smartphones, plus surement que lentement, la jeunesse a préféré l’apparence de la vie à la la vie elle même.
Avec le covid, lentement mais surement, les adules ont commencé à sacrifier sur l’autel de la sécurité, leur liberté, et la jeunesse avec.

Parfois, je voudrais me parachuter à l’époque ou ça puait la clope partout mais sans les filtres.
Celle ou, mon père, fenêtre semi-ouverte, nous fumait dessus sa Marlboro, à ma soeur et moi, dans sa Renault 21Turbo D, et que tout le monde s’en foutait joyeusement sur la musique de Frédérique, Goldman et Jones « Ça faisait 1,2,3 pretty Mama , 4,5,6 I miss you ! » Bon sauf ma ma mère surtout lorsqu’elle apprenait de nos bouches innocentes « qu’avec papa, on était aller à 220 km/h sur l’autoroute pour rentrer », mes parents avaient déjà divorcés.

Je me souviens d’ailleurs toujours de l’odeur imprégnée, dans les sièges, comme un des doux parfums de mon enfance. Une époque qui sentait la cigarette, et qui transpirait la liberté et la joie.

L’ été, en plus de la clope, chez nous ça sentait le Ricard et le monoi. A la plage, j’admirais la beauté de mes tantes, et enviais leur désinvolture, lorsque balançant leurs hauts de maillots, elles s’affranchissaient des codes familiaux, pour exposer généreusement leurs poitrines, au soleil et aux yeux de tous. Une sorte de rébellion du nichon.

Aujourd’hui, la police du téton règne, même sur Instagram, et te censure ton travail artistique, pendant que les enfants s’astiquent sur You Porn.

Le weekend, après le cinéma, on allait au restaurant, « fumeur et non fumeur », invariablement l’une des premières choses que le serveur demandait. Un temps embrumé par la fumée, ou l’on s’enivrait de tout et surtout de frivolité. Un temps, ou les parents même qui ne roulaient pas sur l’or, pouvaient payer des restos et des cinés à leurs gamins. Un temps ou même non-diplômé, tu pouvais décemment vivre de ton travail journalier.
Aujourd’hui, avec un Bac +2/+3 tu es chef de rayon chez carrefour, oui ça fait bien, sauf sur ta fiche de paie, car avec ça tu ne peux même pas te payer la bouffe que tu ranges tous les jours, tu vas chez lidl.

Alors, Loin de moi l’idée d’encenser le tabac, je suis juste nostalgique de cette époque, de sa musique, son odeur, de ces effluves d’insouciance qu’elle nous inspirait.
Ce monde bien qu’enfumé, était plein de promesses.

No Comments

Post A Comment