On projette tellement de choses sur moi en tant que prof de yoga. C’est si loin de la vérité.
On projette tellement de choses sur moi en tant que prof de yoga. C’est si loin de la vérité.
Je suis juste une humaine qui se débat avec ses ombres, qui fait semblant de savoir alors qu’elle cherche encore.
On croit que j’incarne la paix, la souplesse, l’équilibre.
Mais souvent, je tremble.
J’ai des colères sans nom, des désirs déraisonnables, des matins où la mélancolie m’écrase.
Le yoga n’a pas guéri mes chaos,
il m’a juste appris à respirer au milieu du vacarme.
Je ne suis pas un modèle, et je n’aime pas qu’on me sacralise.
Je suis une tentative. Une tentative d’amour, de lucidité, de sincérité, dans un monde où tout pousse à la façade.
Je ne mange pas d’animaux, car je ne supporte plus l’idée d’avaler d’autres souffrances que la mienne. Et peut-être est-ce en cela que j’incarne le mieux cette philosophie que j’ essaie transmets.
Mais j’aime autant la respiration et la méditation
que l’ivresse d’un grand cru ou celles du THC.
Philosopher sur la profondeur de la vie,
ou commérer et rire de sa futilité.
Boire un matcha en lisant les classiques,
ou m’enfiler un paquet de Haribo en bingeant une série TV.
Et souvent, tout à la fois.
Je n’ai pas choisi le yoga pour devenir sage,
mais pour me sauver du naufrage.
Et parfois, la mer me reprend.
Alors je ferme les yeux,
je respire,
je fume,
j’écris,
je recommence.
Il n’y a rien à idolâtrer ici,
rien à copier.
Est-ce que cela me rend moins légitime ?
Je ne crois pas.
Parce que c’est ça qui nous relie, entre humains ,
pas la maîtrise,
mais la faille.
À nos contradictions.
No Comments